Habitat
Construction d'un dôme géodésique, de la découpe des premiers panneaux en atelier jusqu'à l'installation complète sur le terrain. Chaque pièce est ajustée et assemblée à la main.
D'autres habitats sont possibles.
« Habitat léger » : une expression courante, pas une case juridique
Première précision à faire, et elle compte : « habitat léger » ne figure dans aucun texte de loi. C'est un raccourci qu'on emploie tous, nous compris, pour désigner un habitat plus simple, plus démontable, moins ancré au sol. Mais le code de l'urbanisme ignore cette expression. Il fonctionne avec des catégories précises, chacune adossée à des articles bien identifiés.
On en compte quatre.
La HLL (Habitation Légère de Loisirs), encadrée par les articles R.111-37 à R.111-40, désigne une construction démontable ou transportable, dépourvue de moyens de mobilité propres, réservée à un usage de loisirs temporaire ou saisonnier. Y établir sa résidence principale est exclu. Autre contrainte forte : elle ne peut être implantée que sur des terrains spécifiquement dédiés — camping, parc résidentiel de loisirs, village vacances classé.
La RML (Résidence Mobile de Loisirs), définie aux articles R.111-41 à R.111-46, correspond à la caravane classique : elle conserve ses roues et son essieu, reste tractable, et sert un usage de loisirs temporaire. Elle est soumise aux mêmes restrictions de terrain que la HLL.
La RDHP (Résidence Démontable constituant l'Habitat Permanent), prévue à l'article R.111-51, change de logique : pas de fondation, démontage rapide possible, autonomie envisageable en eau et en électricité — mais occupation comme résidence principale au moins huit mois par an. C'est la catégorie qui réconcilie légèreté et permanence. Elle peut s'implanter en zone constructible ordinaire, ou en zone agricole/naturelle via un STECAL inscrit au PLU.
Reste un terme qui circule beaucoup et qui prête à confusion : la « RMHP ». Beaucoup pensent — je l'ai longtemps cru aussi — qu'il s'agit d'une catégorie distincte réservée aux gens du voyage. Ce n'est pas exact. Aucun article du code de l'urbanisme ne porte ce nom. Juridiquement, l'objet reste celui de la RML, régi par les articles R.111-47 à R.111-50 : une caravane. Ce qui bascule, c'est l'usage : dès lors que cette caravane devient le domicile permanent de ses occupants — terrain familial, aire d'accueil, terrain privé —, un régime particulier s'applique. « RMHP » reste donc un terme d'usage courant, pratique pour s'y retrouver, mais sans existence légale propre, à la différence de la RDHP.
Le point le plus contre-intuitif : un seul et même objet peut traverser les quatre catégories selon les circonstances.
Installée sur un camping l'été, roues conservées : c'est une RML.
Fixée à l'année sur un terrain de gens du voyage, roues toujours là : on parle communément de « RMHP ».
Roues retirées, démontage toujours possible, occupation à l'année : elle devient une RDHP.
Roues retirées, sortie ponctuelle sur un camping ou un PRL quelques semaines par an : elle redevient une HLL.
La catégorie ne dépend donc pas de l'objet lui-même, mais de deux critères : l'usage qui en est fait, et le maintien ou non de ses moyens de mobilité.
Chez Serenity Home, ce choix a été tranché dès la conception : nos habitats visent la case RDHP. Nos dômes sont pensés dès le départ comme des résidences démontables destinées à un usage d'habitat permanent — sans fondation, démontables, capables d'autonomie, conçus pour un accompagnement à l'année.
Certains projets — dômes de plus grande taille, cas particuliers — nécessitent le dépôt d'un permis de construire, et cela arrive. Mais notre cadre de référence reste le RDHP.
D'où l'intérêt, face à une mairie, une DDT ou un service urbanisme, d'employer la bonne terminologie : ce n'est pas un détail administratif. Une HLL est le plus souvent interdite hors des terrains dédiés (camping, PRL, village vacances), alors qu'une RDHP ne l'est pas.